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La coopération franco‑allemande

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Avec aucun autre pays, l’Allemagne n’entretient des relations aussi étroites qu’avec la France. Nous sommes l’un pour l’autre le principal partenaire et allié.

L’Allemagne et la France entretiennent des relations étroites
L’Allemagne et la France entretiennent des relations étroites © Photothek.net

Nous l’observons chaque jour dans des domaines et à des niveaux les plus divers : entre nos gouvernements, entre les Länder et les régions et/ou les départements et surtout dans les échanges étroits entre les villes et les communes, les associations, les écoles et les universités, c’est-à-dire entre les citoyens. Cette coopération étroite se reflète également dans le nombre croissant d’initiatives de politique étrangère communes entre les deux pays.

La coopération en matière de politique de sécurité entre l’Allemagne et la France est elle aussi très étroite et elle s’est encore intensifiée depuis le début de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine en février 2022. En plus d’autres formats de dialogue, le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité (CFADS) offre la possibilité, également dans l’esprit de la mise en œuvre du traité d’Aix-la-Chapelle, d’échanger dans un format particulier sur des questions stratégiques et de politique de sécurité actuelles. Sa dernière réunion, qui s’est tenue à Toulon, remonte au 29 août 2025.

Les gouvernements des deux pays se réunissent chaque année pour des consultations intergouvernementales bilatérales lors du Conseil des ministres franco-allemand (CMFA). Lors de la dernière rencontre en date de ce type, le président français Emmanuel Macron avait reçu des membres du gouvernement allemand le 29 août 2025 à Toulon. Il y a principalement été question du programme économique franco-allemand : énergie, commerce et sécurité économique, politique industrielle, technologies de pointe, souveraineté numérique, compétitivité et simplification administrative, convergence et politique sociale / du marché du travail ainsi que politique budgétaire. 27 projets phares concrets ont été convenus dans le cadre de ce programme.

Les traités de l’Élysée et d’Aix-la-Chapelle, piliers du partenariat franco-allemand

Le 22 janvier 1963, le traité de l’Élysée a donné une base contractuelle à la réconciliation des deux pays et à leur coopération bilatérale. La coopération étroite entre les deux gouvernements ainsi que la création, le 5 juillet 1963, de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) ayant pour but la promotion des échanges de jeunes constituent des aspects essentiels du traité qui continuent de faire leurs preuves aujourd’hui encore. La signature en 2019 du traité d’Aix-la-Chapelle par la chancelière fédérale de l’époque Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron a permis d’approfondir et d’intensifier davantage le partenariat entre les deux pays, de l’orienter sur de nouveaux enjeux et de le mettre au service de l’Europe et de l’Union européenne. Ce traité a donné de nouvelles impulsions aux relations franco-allemandes, notamment dans les domaines de la sécurité et de la défense, de l’économie, de la transformation numérique, de la culture, de la société civile, des questions transfrontalières ainsi que de la politique climatique.

En lien avec la signature du traité d’Aix-la-Chapelle, une liste de quinze projets prioritaires a été adoptée en 2019, la plupart d’entre eux ayant été mis en œuvre depuis lors, comme le Fonds citoyen franco-allemand qui a déjà soutenu, depuis sa création en avril 2020, plus de 4 000 projets en faveur d’une société civile européenne active. Les instituts culturels franco‑allemands (ICFA) constituent le pilier du traité d’Aix-la-Chapelle en matière de politique culturelle : l’objectif est de créer des instituts dirigés conjointement et dotés d’une structure locale intégrée, d’un personnel multilingue et de programmes culturels franco-allemands communs. À l’heure actuelle, il existe trois instituts culturels franco-allemands : à Palerme depuis 2021 ainsi qu’à Ramallah et à Atlanta depuis 2022. D’autres instituts sont en cours de planification. Le Comité pour la coopération transfrontalière franco-allemande (CCT) a été créé afin de promouvoir la coopération dans les régions frontalières. Il est composé de représentants des gouvernements et des parlements nationaux, des Länder et des régions ainsi que des collectivités territoriales liées de part et d’autre de la frontière au sein d’« Eurodistricts ». Sa mission consiste à identifier et éliminer les obstacles à la cohabitation transfrontalière.

Créer de nouveaux réseaux pour la jeune génération

Il importe de renouveler sans cesse ce réseau étroit de liens franco-allemands, notamment pour les jeunes générations. L’ancien chancelier fédéral Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron ont à cet effet lancé le réseau de jeunes talents franco-allemands « Génération Europe » lors du Conseil des ministres franco-allemand de 2023, qui doit permettre à des jeunes jusqu’à 35 ans et issus de domaines très divers de mettre leurs atouts et leurs expériences au service de la coopération franco-allemande. La quatrième promotion de « Génération Europe » a entamé ses travaux en janvier 2026.

D’autres initiatives en matière de politique sociétale et stratégies de promotion de la langue du pays partenaire contribuent également à la compréhension mutuelle. La coopération franco-allemande n’est pas une évidence ; elle doit au contraire être développée et vécue jour après jour.

Coopération transfrontalière entre l’Allemagne et la France

La diversité et les bénéfices de la coopération franco-allemande se manifestent très concrètement dans le quotidien des personnes habitant dans les régions frontalières. Les liens entre les organismes publics ainsi qu’au niveau économique ne cessent de se renforcer. On citera par exemple l’administration et l’entretien communs du Rhin, un accès transfrontalier élargi à des services de santé ou encore la construction de la première ligne de tramway transfrontalière entre Kehl et Strasbourg. Cela concerne également des sujets d’avenir comme le projet de corridor autoroutier 5G entre Sarrebruck et Metz ou le groupement scientifique trilatéral « Eucor – Le Campus européen » des universités de Fribourg-en-Brisgau, de Karlsruhe, de Strasbourg, de Colmar/Mulhouse et de Bâle.

Depuis le milieu des années 1970, toute une série d’organes et de structures de coopération transfrontalière a été établie avec la France : dans la région du Rhin supérieur avec la France et la Suisse (formats trilatéraux : Conférence du Rhin supérieur, Conseil Rhénan et Commission gouvernementale du Rhin supérieur) et dans la « Grande Région » constituée autour de la Sarre et de la Moselle avec la France, le Luxembourg et la Belgique. Le traité d’Aix-la-Chapelle de 2019 est venu instaurer un organe supplémentaire : le Comité pour la coopération transfrontalière franco-allemande (CCT).

Le ministre adjoint Gunther Krichbaum et son homologue français Benjamin Haddad ont dernièrement ancré, en marge du Conseil des ministres franco-allemand d’août 2025 à Toulon, l’attachement à la coopération transfrontalière franco-allemande ainsi que des projets concrets dans un plan d’action conjoint sur la coopération transfrontalière.

De la réparation à la prévention de problèmes

Les espaces frontaliers souffrent toujours du fait que différentes dispositions juridiques souvent incompatibles se juxtaposent à la frontière, par exemple de manière très concrète lors d’un rendez-vous médical de l’autre côté de la frontière ou concernant l’accès transfrontalier à l’administration numérique, ou encore sur le plan structurel, comme avec la transposition différente de textes européens en lois nationales. De tels obstacles transfrontaliers pourraient être évités si, lors de la préparation de nouvelles lois, les conséquences sur les espaces frontaliers étaient identifiées et prises en compte.

Comment une telle analyse de l’incidence de la législation nouvelle sur les territoires frontaliers (« analyse d’impact transfrontalier ») pourrait concrètement fonctionner ? Le traité d’Aix-la-Chapelle a chargé le CCT de se pencher sur le sujet. Ainsi, en étroite concertation avec le ministère français des Affaires étrangères, le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères a lancé en 2022 une étude qui apporte des premiers éléments de réponse pour la mise en œuvre possible d’une analyse de ce type dans le cadre des relations franco-allemandes. Vous pouvez consulter ou télécharger en allemand ou en français l’étude réalisée par l’Euro-Institut de Kehl, l’Université de Maastricht et l’agence française « Mission opérationnelle transfrontalière ».

Le CCT a élaboré une évaluation de l’incidence de la législation nouvelle (« analyse d’impact transfrontalier ») sur la base des résultats et des propositions de cette étude. Elle est actuellement testée en Allemagne et en France dans le cadre d’une phase pilote et présentera également un lien avec le programme de modernisation du gouvernement fédéral pour une meilleure législation. Avec les ministères compétents, le ministère fédéral des Affaires étrangères examine parallèlement, dans une série de champs thématiques, la possibilité, inscrite dans le traité d’Aix-la-Chapelle, d’éliminer les obstacles du quotidien dans les territoires frontaliers grâce à des dispositions juridiques et administratives adaptées, notamment des dérogations (« clauses d’expérimentation »).

Pour en savoir plus

Pour plus d'informations

Portail franco-allemand
Portail franco-allemand © Ministère fédéral des Affaires étrangères / Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères

Le site France-Allemagne est géré conjointement par les gouvernements allemand et français.

Gunther Krichbaum, ministre adjoint chargé des Affaires européennes
Gunther Krichbaum, ministre adjoint chargé des Affaires européennes © Bildstelle Deutscher Bundestag

Le ministre adjoint chargé des Affaires européennes Gunther Krichbaum est secrétaire général pour la coopération franco-allemande depuis le 28 mai 2025. À ce titre, il coordonne les relations politiques avec la France et s’engage en faveur d’échanges étendus entre les sociétés des deux pays.

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