Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Le programme nucléaire iranien

Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, ses homologues britannique et français ainsi que la Haute représentante de l’UE font une déclaration après avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien à Genève (20 juin 2025)

Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, ses homologues britannique et français ainsi que la Haute représentante de l’UE font une déclaration après avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien à Genève (20 juin 2025) © Photothek Media Lab

08.05.2026 - Article

L’Allemagne s’engage à travers le monde pour empêcher la prolifération des armes nucléaires. Il existe de fortes incertitudes quant à l’orientation uniquement civile du programme nucléaire iranien. Un aperçu de nos efforts pour que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire.

Contexte et histoire

Le programme nucléaire iranien suscite depuis des années des doutes au sein de la communauté internationale. C’est la raison pour laquelle le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté dès 2006 des mesures restrictives pour l’Iran et établi des sanctions.

En essayant de trouver une solution au programme nucléaire iranien par la voie des négociations, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Iran ont signé en juillet 2015 le « Plan d’action global commun » (PAGC ou JCPoA en anglais pour « Joint Comprehensive Plan of Action »). L’Iran s’y engageait à restreindre fortement son programme nucléaire. En échange, les sanctions devaient être allégées.

Les États-Unis ont quitté ce plan d’action en 2018. Depuis 2019, l’Iran a dérogé petit à petit à ses engagements nucléaires au titre du PAGC et augmenté l’enrichissement d’uranium jusqu’à un enrichissement à hauteur de 60 %. Dans le même temps, l’Iran a restreint la transparence de son programme nucléaire en limitant l’accès des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Cela renforce les doutes considérables fondés sur la question de savoir si le programme nucléaire iranien sert exclusivement à des fins civiles. Certaines activités n’ont pas d’explication plausible. Ainsi, parmi les États du Traité sur la Non-Prolifération des Armes Nucléaires, l’Iran est le seul État non doté d’armes nucléaires à enrichir de l’uranium à un tel niveau.

Déclenchement du mécanisme « snapback » de retour aux sanctions

L’Iran ayant violé ses engagements au titre du PAGC pendant de nombreuses années, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont déclenché en août 2025 le mécanisme « snapback  » prévu dans le plan d’action. De ce fait, les anciennes résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sont de nouveau entrées en vigueur, rétablissant notamment une interdiction totale d’enrichir de l’uranium ainsi qu’un contrôle rigoureux par l’AIEA.

Même après le déclenchement du mécanisme « snapback  », l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni continuent de s’engager en faveur d’une solution diplomatique afin d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. La volonté de l’Iran d’atteindre une solution par la négociation est le facteur décisif.

Les violations du Traité sur la non-prolifération par l’Iran

En plus de violer le PAGC, l’Iran déroge également à ses obligations juridiques découlant du Traité sur la Non-Prolifération des Armes Nucléaires de 1970. Ce traité lutte contre la prolifération des armes nucléaires en obligeant les États non dotés de l’arme nucléaire à y renoncer ainsi qu’en plaçant leurs installations nucléaires sous contrôle international.

Depuis juin 2025, l’Iran n’autorise plus d’inspections de ses installations critiques en matière de prolifération à Natanz, Ispahan et Fordou et ne se conforme plus à ses obligations de remettre des rapports en vertu du Traité sur la non-prolifération.

Le fait que l’emplacement d’environ 440 kg d’uranium hautement enrichi demeure incertain est particulièrement préoccupant. Ce matériel pourrait en théorie, en étant encore davantage enrichi en uranium, suffire à produire dix armes nucléaires.

Pour plus d’informations sur le PAGC

Retour en haut de page