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Discours du ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul à l’occasion de la Journée de l’Afrique 2026

05.05.2026 - Discours

Lorsque le gouvernement fédéral a signé son accord de coalition il y a exactement un an, nous étions d’accord pour mettre l’importance mondiale de l’Afrique au cœur de notre politique étrangère.

Ma mission était alors claire : j’allais devoir renforcer nos relations.

Au cours des deux premières semaines de mes fonctions, j’ai donc rencontré et échangé avec presque la moitié de vos ministres des Affaires étrangères. Ce faisant, j’ai très vite réalisé que nous avions non seulement besoin d’une politique africaine, mais aussi de plusieurs politiques africaines.

Nous croyons fermement en les aspirations de l’Afrique à s’affirmer avec unité et force face aux turbulences géopolitiques de notre époque, c’est pourquoi nous avons toujours soutenu et que nous continuerons de soutenir l’Union africaine.

Une politique africaine réussie est en effet indispensable pour la politique étrangère et de sécurité allemande et européenne.

En outre, nous avons besoin de plusieurs politiques africaines, car chacun de vos 54 pays africains est unique.

Chacun est lié à l’Allemagne par un partenariat individuel qui mérite une attention particulière.

C’est devenu également évident au mois d’avril, lorsque nous avons célébré pour ainsi dire un « mois africain » en Allemagne.

Nous avons célébré, ici à Berlin, le 30e anniversaire de la Commission binationale avec l’Afrique du Sud. Aux côtés de l’Union africaine et d’autres partenaires, nous avons organisé la Conférence internationale pour le Soudan. Le chancelier fédéral Friedrich Merz et moi-même avons rencontré le président de la Commission de l’Union africaine. La semaine dernière à New York, j’ai rencontré des représentantes et représentants permanents du Groupe d’États africains.

Et je suis rentré, il y a seulement quelques jours, de ma première visite au Maroc. Mes jambes sont encore un peu endolories en raison d’un match de foot contre de jeunes espoirs féminins du Maroc, où la question n’était très clairement pas de savoir qui allait l’emporter. J’ai néanmoins de nouveau réalisé qu’en tant que ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne, on est toujours également un diplomate du football.

Mais mon travail n’englobe bien évidemment pas que cela.

Dès le début de notre mandat, la ministre adjointe Serap Güler et moi avions décidé que l’Afrique allait être l’une de ses priorités majeures. C’est la raison pour laquelle elle est la première responsable politique européenne à s’être rendue au Soudan depuis le début de la guerre. La ministre adjointe Güler et moi-même voulons œuvrer pour mettre fin à cette guerre épouvantable et pour soutenir au mieux la population soudanaise.

C’est une réussite prometteuse qu’à la suite de la Conférence pour le Soudan, nous ayons finalisé une déclaration politique, les « Principes de Berlin », qui a été signée par tous les acteurs régionaux ayant de l’influence sur les parties en conflit.

La semaine passée, j’ai eu l’honneur de parler devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Lorsque nous avons abordé le sujet de la sûreté maritime, nous avons discuté des répercussions de la guerre en Iran. Des répercussions que nous ressentons tous dans nos pays respectifs.

Les répercussions du blocage du détroit d’Ormuz sur l’économie mondiale. Les répercussions de la pénurie de pétrole et d’engrais, qui pourraient avoir des conséquences désastreuses sur les régions d’ores et déjà menacées partout dans le monde.

Nous sommes convaincus qu’une coopération de la communauté internationale est plus que jamais nécessaire afin d’atténuer les conséquences de la guerre.

Soyez-en assurés : l’Allemagne continuera de défendre les intérêts africains à l’échelle internationale.

Car nous misons sur la coopération plutôt que sur la confrontation, un principe qui est d’autant plus essentiel qu’il peut paraître quasi désuet dans le monde actuel.

C’est l’impression durable que j’ai eue la semaine dernière à New York, où j’ai rencontré des représentantes et représentants de nombre de vos pays.

Je m’étais rendu sur place afin de plaider en faveur de la candidature de l’Allemagne à un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Pour certains, cela peut sembler contradictoire que, précisément en une période où l’on parle beaucoup de l’érosion de l’ordre international fondé sur des règles, l’Allemagne œuvre pour un engagement plus fort aux Nations Unies.

Or cela ne constitue pas une contradiction, mais plutôt une nécessité.

En effet, ce qui est inquiétant avec cette érosion, ce n’est pas uniquement le fait qu’elle ait lieu, mais également qu’elle reflète une vérité sous-jacente : l’ordre international fondé sur des règles au sein de l’ONU ne tient pas suffisamment compte de la réalité géopolitique actuelle. À mes yeux, cela constitue l’un des points essentiels.

C’est l’une des raisons pour lesquelles, lors de ma visite à Addis-Abeba au mois de janvier, le président de la Commission de l’Union africaine, M. Mahmoud Ali Youssouf, et moi-même avons convenu d’un dialogue stratégique. Nous souhaitons utiliser ce dialogue pour discuter de sujets de politique étrangère d’intérêt commun et importants.

L’Afrique est un centre de gravitation et elle pèse sur les discussions à propos de la gouvernance mondiale.

Et les institutions et États africains assumeront davantage de responsabilité à l’échelle mondiale.

Nous soutenons les revendications africaines pour réformer la gouvernance mondiale.

Un multilatéralisme moderne doit refléter la réalité d’aujourd’hui.

Par conséquent, l’Allemagne s’est engagée pour que l’Union africaine devienne un membre à part entière du G20 et elle a soutenu le rôle de l’Afrique du Sud à la table du G20. Et c’est la raison pour laquelle, à New York, je me suis engagé activement pour deux sièges permanents et cinq sièges non permanents pour nos partenaires africains.

Un ordre international légitime qui fonctionne pour tout le monde ne peut être juste que si tout le monde peut s’y retrouver, aussi bien avec ses obligations qu’avec ses droits.

Environ 70 % des thèmes de l’ordre du jour du Conseil de sécurité concernent l’Afrique, et d’ici à 2050, une personne sur cinq au monde viendra d’Afrique.

Soutenir le « consensus d’Ezulwini » est une question de justice et de respect.

Une Europe et une Afrique unies peuvent être un moteur : ensemble, nous représentons plus de 40 % des voix de l’Assemblée générale de l’ONU.

Cette unité s’est clairement manifestée lors du dernier sommet UE-UA à Luanda.

C’est pourquoi il importe que nous travaillions ensemble, pour construire des partenariats au sein desquels nous sommes solidaires les uns des autres.

Et pour relever les défis mondiaux qui ont des répercussions sur nos deux continents. Cela contribue également à renforcer notre partenariat économique avec vos pays.

Nous avons un objectif clair : nous voulons stimuler le commerce, faire avancer les investissements et renforcer l’intégration régionale. Nous voulons une diversification des chaînes d’approvisionnement, de la valeur ajoutée locale, une coopération plus étroite dans le domaine des matières premières critiques et moins d’obstacles au commerce.

Car nous sommes fermement convaincus qu’investir dans le libre-échange régional, c’est investir à long terme dans la paix et la sécurité.

L’intégration régionale et la réduction des obstacles non tarifaires au commerce sont essentielles. Aussi l’Allemagne est-elle le plus grand donateur bilatéral pour la Zone de libre-échange continentale africaine et un soutien de longue date des communautés économiques régionales.

Mesdames et Messieurs,

Excellences,

L’Allemagne est présente partout sur le continent africain. Nous promouvons les échanges à travers nos 45 représentations à l’étranger, nos chambres de commerce à l’étranger, les Goethe-Instituts, la GIZ et la Deutsche Welle, à travers des fondations et l’Office allemand d’échanges universitaires.

Au début de mon discours, j’ai mentionné que le gouvernement fédéral mettait l’importance mondiale de l’Afrique au cœur de la politique étrangère allemande.

Le fait que nous célébrions aujourd’hui avec vous cette Journée de l’Afrique et le 63e anniversaire de l’Organisation de l’unité africaine donne donc presque l’impression que la boucle est bouclée.

Je me réjouis particulièrement que nous organisions conjointement ces célébrations, ici au ministère fédéral des Affaires étrangères qui est non seulement le centre, mais aussi le cœur de notre politique étrangère et de nos politiques africaines.

Je vous remercie.

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