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« Nous ne saurions accepter le statu quo » : conférence pour venir en aide de la population syrienne

Situation des déplacés syriens

Situation des déplacés syriens , © Welthungerhilfe

31.03.2021 - Article

La situation en Syrie est toujours catastrophique. L’UE et l’ONU organisent aujourd’hui à Bruxelles une conférence commune afin de récolter des fonds d’aide d’urgence. L’Allemagne s’engage à verser 1,7 milliard d’euros.

Le pays est déchiré, les gens sont fatigués du conflit et les organisations humanitaires n’ont pas suffisamment de moyens. Dix ans après le début du conflit en Syrie, il n’y a toujours pas de solution durable en vue. La situation humanitaire déjà dramatique s’est encore aggravée l’année dernière : la pandémie de Covid-19 a fait son apparition alors que les infrastructures médicales étaient déjà durablement abîmées. L’inflation a fait grimper davantage les prix des denrées alimentaires : aujourd’hui, une miche de pain, un kilo de tomates ou un litre d’huile coûtent près de trente fois plus cher qu’en 2011. Selon des chiffres des Nations Unies, quatre Syriens sur cinq sont désormais tributaires de l’aide humanitaire pour recevoir ne serait-ce que le strict nécessaire pour survivre. Au vu de cette situation, le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas a déclaré :

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à cette question : que pouvons-nous faire pour redonner aux gens l’espoir d’un avenir meilleur en Syrie ? Dans un premier temps, nous ne saurions accepter le statu quo.

Save the Children s’occupe des enfants et des jeunes mères

La guerre touche très sévèrement les enfants syriens. Nombre d’entre eux n’ont jamais connu leur pays en temps de paix. L’insécurité alimentaire ayant fortement augmenté, ils sont de plus en plus à souffrir de sous-nutrition, avec pour certains des conséquences graves en matière de santé.

Afin d’alléger leur souffrance, l’ONG Save the Children s’était rendue en Syrie dès 2012 ; aujourd’hui, elle est toujours présente sur place et travaille entre autres dans des camps de déplacés dans le nord du pays. Les travailleurs humanitaires de Save the Children vérifient régulièrement si les enfants souffrent de sous-nutrition et orientent les enfants mal-nourris et les femmes enceintes vers des centres de traitement spécialisés. Par ailleurs, l’organisation donne des conseils aux femmes enceintes et aux mères qui allaitent sur des pratiques alimentaires et d’hygiène adaptées aux bébés et aux enfants en bas âge. Ce faisant, elle se concentre principalement sur un soutien psychosocial. Comme les produits alimentaires frais, tels que les fruits et les légumes, sont devenus inabordables pour beaucoup de familles, Save the Children distribue également des bons d’achat aux familles avec des femmes enceintes ou qui allaitent et aux familles avec des enfants, afin qu’elles puissent acheter des fruits et légumes frais ainsi que du pain sur les marchés locaux. Le ministère fédéral des Affaires étrangères soutient ce projet à hauteur d’environ cinq millions d’euros depuis 2019.

Une aide par-delà toutes les frontières

Il en va autrement de la situation dans le nord-ouest du pays, où la détresse est particulièrement grande. La province d’Idlib fait figure de dernier bastion de l’opposition. L’aide humanitaire ne peut atteindre le nord-ouest du pays via les territoires contrôlés par Damas qu’au prix d’efforts importants. Dans cette région vivent quatre millions de personnes dont la survie dépend presque entièrement de l’aide humanitaire. Beaucoup d’entre elles ont déjà été déplacées plusieurs fois.

L’aide humanitaire destinée aux habitants d’Idlib peut être acheminée depuis des années par la frontière turque, grâce à la résolution sur l’aide humanitaire transfrontalière du Conseil de sécurité de l’ONU, résolution qui prend fin en juillet 2021. Si la Russie et la Chine, puissances permanentes au Conseil de sécurité, empêchent une nouvelle prolongation de la résolution, la vie de millions de personnes sera en jeu. Pour l’heure toutefois, les livraisons d’aide sont encore possibles.

En 2021, l’Allemagne a déjà versé 40 millions d’euros au fonds d’assistance des Nations Unies pour de l’aide humanitaire transfrontalière en Syrie. Ces moyens peuvent permettre de financer, outre des institutions onusiennes telles que le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le travail d’organisations internationales et surtout d’ONG locales pour assurer la survie des personnes.

À titre d’exemple, l’organisation allemande Welthungerhilfe a permis cette année à 240 familles de réfugiés de s’abriter dans des conteneurs d’habitation robustes grâce à des ressources issues du fonds. Par rapport à des tentes, ces conteneurs ont beaucoup mieux résisté à l’hiver difficile et aux inondations de début février. En outre, l’organisation Welthungerhilfe distribue des bons d’achat aux personnes nécessiteuses pour qu’elles s’achètent de la nourriture, des vêtements ou du combustible.

L’Allemagne est solidaire de la population syrienne

Afin que les Syriennes et les Syriens puissent continuer de recevoir de l’aide vitale, l’Allemagne s’est aujourd’hui engagée, dans le cadre de la conférence des donateurs de l’UE et des Nations Unies, à verser un montant total de 1,7 milliard d’euros pour 2021, dont près de 1,1 milliard d’euros proviennent du budget du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement, 625 millions d’euros du budget de l’aide humanitaire et 40 millions d’euros du budget de stabilisation du ministère fédéral des Affaires étrangères. L’Allemagne continue d’être solidaire de millions de Syriennes et Syriens et s’engagera aussi bien sur le plan financier que sur le plan politique pour alléger leur souffrance et pour qu’il reste une perspective de paix. Concernant l’engagement de l’Allemagne, Heiko Maas a déclaré :

La tragédie syrienne ne peut pas durer encore une décennie. Afin d’y remédier, nous avons besoin d’un nouvel espoir. Et nos engagements sont cruellement nécessaires à cet égard, ici et maintenant.

L’Allemagne est le deuxième donateur d’aide humanitaire pour la Syrie. Au total, elle a déjà versé plus de quatre milliards d’euros rien que pour de l’aide humanitaire depuis 2012.

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