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Proche et Moyen-Orient : « Nous mettrons tout en œuvre pour éviter une nouvelle escalade »

07.01.2020 - Interview

Interview accordée par le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas à l’hebdomadaire Bild am Sonntag le 5 janvier 2020 sur la situation actuelle à la suite de la mort du général iranien Qassem Soleimani tué dans un raid aérien.

Le monde est-il devenu plus sûr ou moins sûr du fait de la mort de Qassem Soleimani ?
Soleimani a laissé une traînée de sang et de violence à travers le Proche et Moyen-Orient. Il ne figurait pas par hasard sur la liste des terroristes de l’UE. D’un autre côté, la situation après sa mort est devenue plus incalculable et les efforts déployés pour réduire les tensions, plus difficiles. Nul ne peut sérieusement prédire aujourd’hui comment la situation va évoluer dans la région. Cependant, nos objectifs sont clairs : premièrement, éviter une escalade guerrière ; deuxièmement, maintenir la stabilité et l’intégrité de l’Iraq et, troisièmement, veiller à ce que l’EI ne regagne pas du terrain dans le sillage de ces bouleversements.

Avez-vous parlé avec des représentants iraniens et que voulez-vous entreprendre (y compris les efforts communs avec la France et le Royaume-Uni) pour apaiser la situation ?
Depuis vendredi matin, je suis en contact étroit avec mes homologues, notamment français et britannique, et avec le haut représentant de l’UE Josep Borrell et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Dans les jours à venir, nous mettrons tout en œuvre pour éviter une nouvelle escalade, aux Nations Unies, dans l’UE et par la voie du dialogue avec nos partenaires de la région, en parlant aussi avec l’Iran. Tous doivent bien comprendre que toute nouvelle provocation maintenant peut entraîner une spirale de violence incontrôlée, avec des conséquences imprévisibles pour toute la région et aussi pour notre sécurité en Europe.

Faudrait-il retirer la Bundeswehr de l’Iraq ?
La lutte contre l’organisation État islamique est et reste dans l’intérêt de l’Allemagne, et la Bundeswehr assure sur place une formation importante dans ce sens. Tant que la situation le permet, nous devrions éviter de remettre en cause de nous-mêmes cette mission réussie. Néanmoins, la sécurité de nos soldats reste la toute première priorité ; c’est la raison pour laquelle la formation a été provisoirement interrompue vendredi et c’est aussi pourquoi il nous faut continuer à évaluer la situation en permanence.

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Propos recueillis par Angelika Hellemann

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