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Le pouvoir de la littérature : « Lire, c'est sortir de sa bulle »

La Norvège, invitée d'honneur de la Foire du Livre de Francfort : inauguration de la Foire

La Norvège, invitée d'honneur de la Foire du Livre de Francfort : inauguration de la Foire, © Frank Rumpenhorst/dpa

16.10.2019 - Article

La littérature peut aider à dépasser ses limites et ses préjugés. « Lire, c'est aussi accepter d'autres points de vue que le sien », a affirmé le ministre fédéral des Affaires étrangères, Heiko Maas, lors de l'inauguration de la Frankfurter Buchmesse – Foire du Livre de Francfort.

« La littérature n'ouvre pas seulement des espaces de liberté esthétiques. Elle nous fait découvrir de nouveaux mondes, de nouvelles perspectives », a déclaré le ministre dans son discours d'inauguration. Cela n'a sans doute jamais été aussi important qu'aujourd'hui, dans une société où le numérique est devenu un mot d'ordre incontournable. « La numérisation est en effet entrée depuis longtemps dans tous les domaines de notre vie », a souligné Heiko Maas, les réseaux sociaux jouant un grand rôle. C'est un développement qui offre d'énormes chances, que ce soit pour les connaissances, la transparence et la participation ou encore la révolution pacifique au Soudan.

L'envers de la révolution numérique

Mais la révolution numérique a un envers. Selon le ministre, « les grandes mutations suscitent notamment un besoin de confirmation et d'appartenance. Un besoin de limite qui est toujours un peu synonyme de mise à l'écart. Un besoin de vérités absolues. » Cette situation favorise les réponses simples, les réponses populistes, et peut conduire à ne pas se confronter à d'autres opinions contraires aux siennes.

« Discuter, contredire, penser à contre-courant, se disputer »

Pour le ministre, la littérature peut contribuer à sortir de cette zone de confort basée sur le consensus :

Dans un monde assoiffé de réponses simples et rapides, la force tranquille de la littérature aide à se protéger contre les réflexes autoritaires, contre le repli sur soi et contre les réponses simplistes. Lire, c'est aussi accepter d'autres points de vue que le sien. C'est tolérer l'ambiguïté et faire preuve d'empathie. Aussi paradoxal que cela paraisse, lire, c'est sortir de sa bulle. Si la littérature a le pouvoir de faire éclater nos bulles, alors, lire sera vraiment un acte révolutionnaire. La question de savoir si et comment nous soutenons la littérature, et avec elle les auteurs et les traducteurs, n'est donc pas qu'un débat de politique culturelle, mais une tâche essentielle de la politique sociale.

Hjertelig velkommen, Norge!

Un livre de l'auteur Anne Holt est exposé dans le pavillon de la Norvège, invitée d'honneur de la Foire du Livre de Francfort
Un livre de l'auteur Anne Holt est exposé dans le pavillon de la Norvège, invitée d'honneur de la Foire du Livre de Francfort© Silas Stein/dpa

De façon très pratique, la Foire du Livre de Francfort contribue à découvrir de nouveaux mondes :  depuis 1976, un pays est invité chaque année à présenter sa littérature et sa culture. La Norvège est cette année l'invitée d'honneur. Que ce soit Henrik Ibsen, Maja Lunde ou Jo Nesbø, on aime lire les auteurs norvégiens en Allemagne. « La Norvège mise sur le pouvoir de la littérature », selon Heiko Maas. Chaque Norvégienne et Norvégien lit en moyenne 15 livres par an. Le pays a déjà produit trois prix Nobel de littérature. En outre, la Norvège est le pays où l'exportation de littérature est la plus soutenue.

Un événement culturel majeur : la plus grande foire du monde

Avec plus de 7 500 exposants originaires de plus d'une centaine de pays et environ 285 000 visiteurs, la Foire du Livre de Francfort est la plus grande foire du monde pour le marché du livre. Depuis 1949, elle a lieu tous les ans en octobre.

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