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Heiko Maas : « Nous prendrons une décision autonome »

Heiko Maas pendant l’interview

Heiko Maas pendant l’interview, © dpa

13.09.2018 - Interview

Dans une interview accordée à l’Agence allemande de presse (DPA), le ministre fédéral des Affaires étrangères Heiko Maas s’exprime sur la possibilité d’une participation de la Bundeswehr à une intervention en Syrie.

Il est question depuis lundi d’une participation de la Bundeswehr à une intervention militaire en représailles à une éventuelle utilisation d’armes chimiques en Syrie. La présidente du SPD, Andrea Nahles, a d’ores et déjà clairement exprimé son refus d’une telle action qui suscite par ailleurs d’importantes réserves sur le plan juridique. L’affaire est elle donc close ?
Les efforts pour trouver une solution diplomatique ont la priorité absolue. Nous devons tout faire pour éviter une attaque militaire aux armes chimiques. Tel est l’enjeu du moment. Concernant la situation à Idlib, nous dialoguons actuellement à tous les niveaux. Il nous faut tenter d’éviter le pire, et la tâche n’est pas facile. Si Bachar Al Assad en venait vraiment à utiliser des armes chimiques interdites et bannies partout dans le monde, cela serait strictement inacceptable. Il va de soi que toute décision du gouvernement fédéral sera prise sur la base de notre Loi fondamentale et du droit international. Nous allons nous concerter étroitement avec les groupes parlementaires. En fin de compte, rien n’est possible sans l’aval du Bundestag.

Au fait, les États Unis ont ils déjà demandé à l’Allemagne de participer ?
En réalité, il ne peut y avoir de demande concrète que lorsqu’un gaz toxique a été utilisé et que d’autres États ont décidé d’y réagir par la voie militaire. Car il faut d’abord déterminer ce qu’il s’est passé, qui en est responsable et quelle est l’envergure de l’événement. D’ici là, il s’agit dans la situation actuelle de mener des entretiens politiques pour empêcher un désastre humanitaire. C’est ce que nous faisons.

Contrairement à la première mesure punitive de l’Occident après une attaque aux armes chimiques en Syrie, les États Unis semblent cette fois ci réellement intéressés à une participation de l’Allemagne. Avez vous le sentiment d’être mis sous pression ?
Jusqu’à présent, les États Unis n’ont fait qu’annoncer qu’ils réagiraient à l’utilisation d’armes chimiques. Quelle que soit la suite, nous prendrons une décision autonome, conforme aux fondements du droit constitutionnel en vigueur en Allemagne et bien évidemment aussi au droit international.

Cela fait longtemps que les États Unis reprochent à l’Allemagne des dépenses militaires trop faibles. Les relations transatlantiques risquent-elles de se détériorer davantage si Berlin refuse de participer à une telle opération ?
Il ne faut pas tout confondre, surtout dans un contexte aussi sensible. Nous sommes en contact étroit et direct avec tous nos alliés. Je rappelle également qu’en tant que deuxième donateur d’aide humanitaire, l’Allemagne fait tout son possible pour atténuer la misère et la souffrance et que nous sommes prêts en principe à élargir encore notre soutien humanitaire. Ce qu’il nous faut, ce sont des solutions politiques.

L’Occident pourrait il se scinder si ses principales puissances ne participaient pas toutes à une telle intervention punitive ?
Même si en définitive, chacun doit prendre sa propre décision, nous allons nous concerter étroitement avec nos partenaires et nous attendons la même chose inversement. Si l’on regarde le passé, on voit bien que toutes les actions n’ont pas toujours bénéficié d’un soutien unanime. Cela dépend également des capacités individuelles et de la répartition des rôles.

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